Linux 3.11 joue le clin d’oeil à Windows… et Linus Torvalds critiqué pour sa « violence verbale »

Open Source : Vingt ans après la sortie de Windows 3.11, le noyau libre reprend le nom « Linux for workgroups ». Un clin d’oeil bon enfant… qui ne va pas bien à Linus Torvalds, le fondateur ?

Linus Torvalds, le créateur du noyau libre Linux, a annoncé ce dimanche la première version de Linux 3.11. Celle-ci aura un surnom qui rappellera quelque chose à certains : Linux for workgroups. Le clin d’oeil, s’il reste bon enfant, est largement ironique : Windows for workgroups 3.11, seconde tentative de Microsoft pour une version de Windows « en réseau », a fait un flop.

Publiée en août 1993, Windows for workgroups 3.11 n’est qu’un lointain souvenir – et la douleur liée à son échec a été largement compensée par le succès d’une autre version « réseau » de l’OS, Windows NT. Vingt ans plus tard,  Linux joue donc la nostalgie et se fend même d’un nouveau logo… représentant Tux, le manchot Linux, tenant un drapeau ressemblant étrangement au logo Windows de l’époque.

Wind… Linux for workgroups 3.11

Notons au passage que ce n’est pas la première fois que Linus Torvalds prend un nom amusant pour une préversion du noyau Linux : nous avons déjà eu droit à « Unicycling gorilla », « Holy Dancing Manatees, Batman » ou même « Jeff Thinks I Should Change This, But To What ? »…

Côté nouveautés, le fondateur du noyau Linux a publié comme à son habitude les inclusions dans un message adressé à la liste de diffusion. Il y précise que le noyau est d’ores et déjà disponible pour les testeurs, et détaille quelques avancées :

  • une meilleure prise en charge des matériels AMD, notamment pour les cartes graphiques Radeon, grâce à une participation accrue d’AMD au code ;

  • un nouveau pilote « Direct Rendering Manager », également issu de la participation d’AMD ;

  • fes améliorations liées à la prise en charge des processeurs Haswell, apportées par Intel ;

  • un meilleur support pour les processeurs Atom Valley View et Bay Trail d’Intel ;

  • la prise en charge de la virtualisation Xen et KVM sur les architectures ARM 64-bit ;

  • l’inclusion d’un client pour le système de fichiers distribué Lustre, surtout utilisé dans les grappes de serveurs, etc.

Si tout semble bien rouler du côté du noyau Linux, une petite polémique a éclaté sur LKML, la liste de diffusion du noyau. Linus Torvalds y est directement mis en cause. Les lecteurs de la liste connaissent son caractère tranchant et parfois cassant, et une développeuse l’a visiblement mal pris.

Tyrannique et violent, Linus Torvalds ?

Voici ce qu’écrit Sarah Sharp :

« La violence, qu’il s’agisse d’une intimidation physique, de menaces verbales ou d’abus de langage, n’est pas acceptable. Restez professionnels sur les listes de diffusion. Discutons de ça au prochain Kernel Summit, où on pourra au moins se crier dessus en direct. Ouais, essayez juste de me crier dessus à ce sujet. Je rugirai en retour, plus fort, pour tous ceux qui perdent leur voix lorsqu’ils se font houspiller par les principaux responsables du maintien du noyau. Je ne serai plus la fille gentille. »

L’attaque est claire et les yeux ont vite fait de se tourner vers Linus Torvalds, « principal responsable du maintien du noyau » et sniper patenté de contributeurs qui lui auraient déplu. D’autant que Sarah Sharp, contributrice chez Intel, a dû essuyer une réponse carabinée de l’intéressé, relevée par Slashdot :

« Si tu veux que j’agisse « en professionnel », je ne suis tout simplement pas intéressé. Je suis assis dans mon bureau en peignoir. De la même façon que je ne vais pas me mettre à porter des cravates, je ne vais pas *non plus* me mettre à la fausse politesse, au mensonge, aux politiques de bureau, aux coups de poignard dans le dos, à l’agressivité passive, et aux ‘buzzwords’. »

Les citations pourraient se succéder, les messages entre les deux développeurs se retrouvant presque tous, très rapidement, en tête des classements des messages les plus lus sur LKML. Il en ressort surtout que Linus Torvalds restera tel qu’il est, et s’assume, et que le message de Sarah Sharp pourrait bien n’être qu’un coup d’épée dans l’eau. « C’est ce qui fait son charme, un charme différent. [Il] est pas comme les autres et c’est bien plus marrant [(c) Ray Ventura, NDLR]. »

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